07.07.2006
Rewind 3 : Revenir au présent
Quelques jours loin de Paris, dans le Tarn, S et V qui fêtent leur union. Autour de nous, la nature resplendissante sous un soleil écrasant, la fête pendant trois jours, insouciance, bonne humeur, bouffe, alcool et la jolie M, belle grande brune timide et distante. Je sentais qu'il suffisait d'un rien pour casser la glace. Un sourire, une parole, qui est-elle ? J'ai hâte d'en savoir plus. Autour le petit groupe s'est montré encore plus soudé, j'ai découvert d'autres personnes supers et puis il y avait A. Elle restera toujours au dessus de tout.
Le retour à Paris fut difficile. Besoins contradictoires de solitude et de la proximité de ses amis,mais où sont-ils ? Disparus. Il faudra se contenter de la solitude, calmer la colère qui gronde. Non je ne suis pas rejeté, non le monde ne m'exclut pas. Pourtant j'en ai l'impression. Alors quand on est rejeté que fait-on ? On rejette à son tour. Pas besoin des autres, d'ailleurs je les emmerde, d'ailleurs qu'est-ce que je fous avec eux ? La Belle Roche m'appelle, je la sens loin de moi. Elle me demande la taille de Simba parce qu'elle aimerait lui acheter une chemise. Mais pour qui me prend elle ? J'évite de l'appeler énervé. Je m'efforce de rester muet jusqu'au bout de cette journée.
Le lendemain, la colère s'est atténuée. Je parle avec Chewie, je sais que je me fais des idées. Il m'encourage à communiquer davantage avant que je n'explose. Mais la douleur est encore présente, un goût amer que je n'arrive pas à effacer. Je me sens si exclu du monde parfois, alors se sentir exclu des gens qu'on aime le plus c'est pire. Ce soir là, c'était le soir du match regardé avec Stef, Seb, Tof et sa copine. Grand soir. Le barman nous arrose avec son mousseux, je suis en première ligne et je me prends tout sur la tête. "On est en finale ! On est en finale ! On est on est on est on est en finaaale !" Les larmes de Thuram me foutent un frisson monstrueux. Paris est complètement retourné.
Mercredi, au bureau, bonne humeur, tout le monde est un peu dans le coltard. On se charrie avec Cat plus que d'habitude. Cat est une nana de la boîte qui bosse sur d'autres projets que les miens. C'est une femme de 33 ans super marrante mais aussi super belle. Elle est représentative de la parisienne décontractée, classe, moderne et travaillant dans le mileu culturel. On parle de nana, et elle me demande si je suis avec quelqu'un. Je lui fais part de mon chaos sentimental. Elle est étonnée, elle ne s'imaginait pas ça. C'est moi qui suis étonné, je ne sais pas ce qu'elle s'imaginait. La discussion se prolonge. Une autre connection s'établit entre nous, les ondes qui passent sont différentes. Nous sommes ailleurs sur une autre dimension que celle des collègues. Nous finissons par nous retrouver dans la salle qui sert de régie et d'archivages. Il n'y a plus de mots. Caresses. Elle embrasse divinement bien, elle défait mon pantalon. Elle me prend dans sa bouche. Oh je perds complètement pied. Elle me suce. C'est si bon, sa bouche est est si douce. Elle boit toute ma sève. Nous finissons par atterrir. "Je vais être en retard pour ma réunion." Oh j'adore cette situation, j'en ai toujours rêvé. De retour à la lumière du bureau, elle se dépêche de prendre ses affaires pour sa réu. La standardiste l'interpelle, "il y a ton mari qui vient d'appeler..." Ah bon ? Elle a un mari ? On se regarde. Aucun mot. Elle file, elle a du boulot.
Jeudi. J'aime la bouche de Cat, la douceur de ses lèvres, ses hanches que j'aime prendre. Nous avons passé le déjeuner dans cette petite pièce sombre, à se dévorer, se découvrir. Elle a un mari, maintenant je sais. Mais je ne me sens pas coupable. C'est étrange, il y a quelques temps, j'aurais été rongé par la culpabilité. Soirée sympa à EMI, téquila, vodka, whisky mes trois super potes étaient là. Discussion avec Myr, je lui parle de Cat et de mes dernières déconvenues. Myr me connait. "Au fond tu es quelqu'un qui a un besoin énorme de stabilité. Tu es perdu, car tu n'as trouvé personne qui pouvait te la procurer." Et je continue d'errer.
Vendredi. 3 sms de Cat reçus dès ce matin. 3 phrases. "J'ai pensé à toi toute cette nuit. Envie folle de te voir. Lundi 19h30 pourrons nous prolonger notre charmante discussion ?" Mieux vaut ne pas répondre tout de suite. Mais oui bien sûr que j'aimerais prolonger cette discussion. Mais pour l'instant trop de boulot, je coupe mon téléphone. Il me faut revenir à la réalité, oublier le supeflu et se plonger dans ce qui est essentiel, dans ce qui me donne envie de vivre. J'ai envie d'adopter toute la rigueur de la discipline de Kant.
Pour finir j'ai lu ça dans "Eloge de la poussière" de Baudoin : " Peut-être qu'on se dit des "je t'aime" comme on tricote...Se faire un pull pour se protéger du froid de la mort ? Peut-être qu'on va voir un match de foot pour oublier qu'on est mortel ?"
J'ai encore moins envie de dire "je t'aime" (à qui de toute façon ?), par contre je ne louperai pas le rendez vous de dimanche.
23:12 Publié dans Rewind | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sexe, football, journal intime, blabla, adultère, Kant

