18.06.2008
Suivre tes pas
Bonnie Beecher-Come wander with me

Sortir d'une de ces soirées parisiennes embuées de rires, pleines d'alcool et de fumée.
La porte qui se ferme, t'embrasser dans la cage d'escalier, ne plus avoir envie de te laisser partir. Juste soulever ta robe. Non pas tout de suite, les gens risquent d'ouvrir.
S'échapper de l'immeuble. Paris un dimanche à 5h15 du matin, ville somnolente, impression d'avoir l'exclusivité de profiter des premières lueurs du jour, et de marcher le long des quais. Regarder Notre Dame au loin, se permettre ce lieu commun de dire que c'est beau Paris. C'est encore plus beau avec toi. Te tenir la main, te regarder au milieu de ce paysage urbain deserté et d'un autre temps. Suivre tes pas qui résonnent dans cette ville qui s'offre à nous dans ses plus beaux attraits.
12:21 Publié dans L'envers du jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, soiree, photo, si beau, brown bunny, come wander
22.03.2008
Si tu m'aimes, tu viens
Elle rentre dans le métro, portable collé à l'oreille. Elle est grande, de longs cheveux noirs qui tombent presque jusqu'au bas du dos, une frange et un joli dégradé. Bottes, jupe courte avec en dessous le collant noir épais qui cache tout, un tshirt noir moulant avec de grosses inscriptions rouges et blanches façon industrielles, recouvert par un petit blouson en cuir marron sombre. Elle parle fort, elle pleure.
Quoi ? Tu ne viens pas ? Tu me fais tout ce cinéma et tu ne viens pas ?
Elle se jette sur le siège en face de moi. Elle ne voit personne. Les yeux sont trop embués par les larmes.
Non mais je n'y crois pas. C'est pas vrai, tu me fais un cirque pas possible. Je suis revenu à Paris pour toi, je t'attends là.
La voix est fragile et gémissante. Elle est éraillée, usée certainement par l'énergie des mots dépensés.
Si tu m'aimes, tu reviens...Tu entends ce que je te dis ? Si tu m'aimes, tu reviens...Pourquoi tu ne réponds pas ? Et après tu dis que tu veux te marier avec moi ??
Derrière, un jeune homme assis seul, il s'est arrêté de lire l'Equipe. Il fixe son dos. Il semble fasciné par les paroles prononcées.
Pourquoi tu dis rien ? T'as intérêt à être là, sinon c'est fini.
Le mascara dégouline. Elle s'essuie les yeux et se mouche, le portable cloué à l'oreille.
Tu m'entends ? Pourquoi tu ne réagis pas ?...Qu'est-ce ce que je veux entendre ? Rien, je ne veux rien entendre. Je veux te voir. Si tu m'aimes, tu viens c'est tout.
Dans le wagon, nous ne sommes que trois, nous formons une ligne, moi en face d'elle, et dans le même axe, l'autre jeune homme derrière.
Tu ne réponds pas ? Si tu ne viens pas, je raccroche, et on ne se voit plus jamais, tu m'entends ? Je change de numéro dans les dix minutes qui suivent. Si tu m'aimes, tu viens.. Pourquoi tu ne dis pas que tu seras là ? Tu ne m'aimes pas vraiment, c'est ça ? Tu ne m'aimes pas ? Mais réponds ! Si tu raccroches maintenant, c'est fini. Je change de numéro, et on ne se voit plus jamais, tu entends ? Plus jamais.
Pendant quelques minutes, pas un mot, elle l'écoute. Elle pleure davantage, essayant de faire taire ses sanglots. Ils sont certainement trop forts pour être inaudibles. La rame avance au rythme des larmes.
J'en ai marre. Je ne veux rien savoir, tu dois être là pour moi, c'est tout...Tu ne peux pas...Alors c'est fini. je raccroche et tu ne me reverras jamais, c'est ça que tu veux ?
Crissement des rails. Elle éloigne le téléphone de son oreille, le regarde, tout son visage n'est que douleur. Elle remet le téléphone à son oreille.
Alors c'est fini, c'est ça ?...Réponds. C'est fini ? Quoi ? Tu ne peux pas parler maintenant ? Alors adieu !
Elle a appuyé. Elle regarde le téléphone, et pleure. Je ne sais plus à quelle station nous sommes arrivés. Le jeune homme derrière, non plus, pétrifié, ses yeux sont grands ouverts, il semble retenir son souffle. Elle pleure, manipulant son portable, le regardant, elle attend. Le téléphone reste muet. Elle lève les yeux. Nos regards se croisent.
Vous, les hommes, vous êtes cruels me dit-elle, soudainement en se levant et partant de la rame au moment de la sonnerie. Les portes se ferment. A travers la vitre, je la vois sur le quai, elle compose un numéro. Le train repart. Je regarde le plan, je n'ai pas raté ma station. En face, le jeune homme s'est replongé dans son journal. L'OM a perdu, l'homme perd toujours. Si tu m'aimes tu viens, si tu m'aimes tu viens, sa voix et ses paroles continuent de bourdonner dans mes oreilles.
10:25 Publié dans L'envers du jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : si tu m'aimes tu viens, radiohead, true love waits
28.02.2008
Se souvenir des inconnus
Des visages et des gestes retenus. Photographies mentales prises au détour d'une rue, d'un métro. Actes d'inconnus gravés à l'intérieur malgré soi, des reflets de souvenirs. Réminiscences, sources de création d'histoires.
Un lundi matin, métro ligne 1 direction la Défense, entassés, les uns collés aux autres, nous ne sommes que du bétail. Sortie du tunnel, la rame s'arrête à l'approche du quai de Bastille. Sonnerie de téléphone. Une femme, debout comme les autres, cherche dans son sac grand et touffu, elle fouille. Pas le temps de décrocher. Elle parvient enfin à le trouver. Elle écoute son répondeur. Silence. Le métro est toujours bloqué, je ne me souviens d'aucune voix, d'aucun son. Juste ce sanglot poussé soudainement, des larmes, la voix qui n'est qu'un cri trainant. Elle est là debout, le téléphone à la main. Impossible de s'arrêter. Le monde entier semble immobile. Et elle, elle pleure, elle sanglote, elle essaye de composer un numéro avec peine. Un des passagers qui était debout contre un strapontin s'avance vers elle, et avec délicatesse, il l'emmène vers le strapontin qu'il déplie, et il l'asseoit, il ne dit pas un mot, elle ne réagit pas. Il s'écarte et retourne dans la masse. Elle pleure en regardant son portable. Le métro avance à nouveau, lentement il longe le quai de Bastille, et s'arrête. Les portes s'ouvrent, elle descend avec ses larmes.
On devine ce qu'elle a pu apprendre. J'imagine le message, je me demande si c'est une personne proche qui lui a appris ça, si c'est une personne d'un personnel médical. J'ai presque l'impression d'entendre le message, peut-être parce que j'ai déjà eu ce genre de nouvelles. Mais si ça se trouve ce n'était pas ça. Qu'est-ce que ça aurait pu être ? Je repense souvent aux sanglots de cette femme, à cette peine soudaine et criante. Je pense à cet homme qui s'est occupé d'elle sans un mot, avec beaucoup d'humanité.
Un autre jour dans le métro, les portes s'ouvrent, un homme rentre, un peu débraillé, les yeux exorbités. Il regarde l'ensemble du wagon, et crie "Un jour, je vais tous vous massacrer d'un trait, ne vous inquiétez pas". Sonnerie du métro, il descend. Portes fermées. Non je ne m'inquiète pas. Je me souviens.
15:08 Publié dans L'envers du jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : métro, souvenirs, larmes, intime
25.02.2008
ta peau
Il y a ta peau, lisse, brune. Une peau grandie sous les caresses brûlantes du soleil, une peau sans aucune marque, une peau de bébé mais pas chetive pour un sou. Une peau pleine de saveur que je m'empressais de goûter...Non pas goûter, dévorer. Oui je te dévorais entièrement. Des yeux et de ma bouche qui ne pouvait s'empêcher de t'embrasser, de te mordre avec avidité. Avec ce désir qui ne faisait de moi qu'un animal fou de toi, faim de toi.
Souffle court, froissement des draps, tes lèvres, ton cou, tes hanches, ton nombril, ton petit cul, et ton antre.
Tu me manques. Si loin maintenant. Aujourd'hui je ne sais pas comment faire pour apaiser juste un petit peu cette faim de toi et rien que toi.
12:18 Publié dans L'envers du jour | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : desir, peau, envie
06.02.2007
C'est la terre qui parle
Après une très bonne nuit passée chez JB & C, nous nous décidons à partir vers midi, l'esprit encore obscurci par les vapeurs d'alcool. On n'est jamais totalement soi-même les lendemains de soirée bien arrosée. Le corps est fragile. Il suffit d'un rien pour vous faire vaciller, et même vous faire vomir. On sent qu'à l'intérieur, il y a quelque chose en trop ou quelque chose de manquant. Alors soit on vomit, ou on mange des choses saines, tout en buvant beaucoup d'eau, et rien que de l'eau, merci.
Ce dimanche là, il fait beau. Nous sommes dans le quartier de la Gaîté, un coin que je ne connais pas du tout. Pas loin se trouve le cimetiere du Montparnasse. Et je pense tout de suite à Baudelaire, Beckett, Gainsbourg et Duras.
Le soleil est là. Nous n'avons pas faim, nous n'avons pas soif. Juste prendre l'air pour se revigorer. Promenons nous et allons les visiter.
Un dimanche ensoleillé, se promener dans un cimetiere avec une légère gueule de bois à la recherche de ces grandes personnes envolées sous une pierre tombale procure un sentiment étrange; D'habitude je n'aime pas les dimanches, mais là je me sentais bien. Peut-être parce que c'est le jour idéal pour aller se recueillir dans un cimetière. Nous cherchons la tombe de Marguerite Duras. J'ai regardé sur ce drôle de plan qui répertorie toutes les personnes célèbres reposant dans le cimetière. Nous ne sommes plus très loins. S. s'arrête devant une pierre tombale toute usée et nue. M.D, marqué sur le flanc de la pierre, et sur le dessus juste le nom et la date. Marguerite Duras. Cette tombe est bien la sienne. Des fleurs fanées. Des cigarettes accompagnés de briquets, des cailloux. Voilà c'est tout. Tout ce qu'il y a . Pas de photos, pas de mots. Rien. Je ressens un malaise et de la révolte. S. me dit que peut-être que c'est ce qu'elle a voulu. C'est vrai, ça ne m'étonnerait pas d'elle. Mais avec tout ce qu'elle a donné, elle mériterait plus que de simples cigarettes posées sur sa tombe. Je sens tout d'un coup l'odeur du marais, la moiteur décrites dans "un Barrage contre le Pacifique". J'aimerais lui déposer un de ses paysages familiers du Vietnam. En tout cas elle ne mérite pas cette désolation. Pourtant je sais que cette tombe est la représentation la plus juste de ce qui reste. Toutes ces décorations, ces fleurs, ces photos, ces statues pour certaines ne sont rien. C'est la pierre qui s'use et c'est la terre qui attend.
Je suis sous terre, au milieu de centaines de personnes qui défilent à St Lazare. Nous courons, nous marchons, nous nous bousculons là sous la terre. Une partie de nos jours se trouve déjà sous terre.


15:15 Publié dans L'envers du jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Marguerite Duras, Cimetiere, Metro, Vie, Mort
01.02.2007
Pas facile de s'ouvrir au jour
Revenir. C'est beaucoup plus facile de le dire. Revenir, ça veut dire revoir ses responsabilités. Revenir, c'est revenir à l'essentiel. Mais où est l'essentiel ? Je ne sais plus. Autour de moi, chacun a sa propre notion que je comprends mais qui n'est pas la mienne non plus. Ce qui est essentiel pour moi semblerait si futile pour certains. On ne comprend même pas ce que je fais dans la vie, mes buts.
J'ai décidé de ne plus réfléchir à certains moments. Je suis un homme qui survit, un homme élémentaire. Je revois le jour, je me lève tôt et je travaille. Ne plus s'appesantir sur son état, mais devoir agir, c'est tout.
Je repense à 8 et demi de Fellini, aux enjeux du film. Et Fellini me manque, cette époque devrait avoir Fellini, il nous ferait encore beaucoup de bien. Je suis tombé sur ce clip mêlant les images de 8 et demi et la musique d'Eminem. Impressionné, ce mec a tout compris au film, et Eminem a compris tout ce que racontait Fellini.
Fellini / Eminem "8 1/2 Mile"
Vidéo envoyée par LTT
Je me sens comme cet homme. Il sait qu'un grand combat l'attend. Peut-être y est-il déjà ?
09:29 Publié dans L'envers du jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Fellini, Eminem, 8 et demi, combat, vivre, rap, cinema
09.01.2007
Remonter à la surface
Remonter à la surface. Lentement. Remonter et s'arrêter à chaque palier. Penser à chaque mot qui renaît.
"Où étais tu passé ?" Nulle part. Ces derniers mois je me suis dissous dans l'émotion , dans la peur, dans la perte. Et j'ai oublié ce que c'était d'écrire, de parler à toi, à vous.
"Pourquoi après tout ce temps ? " Parce qu'il était temps justement, de reprendre son souffle, inonder d'air ses poumons et repartir. J'ai envie de raconter, j'ai envie de vivre, et j'ai surtout envie de raconter en vivant.
La nuit s'est passée au téléphone. Depuis 1h du matin je parle avec Simba, mon acolyte, mon frère de coeur. Il est dans une cabine téléphonique, son portable n'a plus de batterie, ça tombe bien c'est illimité sur le fixe. Cette nuit l'angoisse fut oppressante, besoin d'exprimer la peur, le doute. Simba écoute, Simba calme. On parle, politique, la vie, le boulot, les filles, l'enfance, tout y passe. Même la nuit. Simba voit des petits vieux promener leur petit chien, la brasserie se prépare à ouvrir. "Ca commence à me stresser tout ça, j'ai l'impression que tout le monde se réveille." Mais c'est le cas. "OK il est l'heure d'aller dormir." Oui il vaut mieux s'arrêter là, on serait capable de continuer jusqu'à 10h. Et puis c'est l'heure.
L'heure où les mots se sont réveillés.
06:35 Publié dans L'envers du jour | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : nuit, telephone, revenir
30.08.2006
Ma soeur mon amour
La Belle Roche est repartie pour Berlin sans que j'ai eu le temps de la revoir. Bien triste, son sourire me manque. Je repense à tous ces visages qui m'ont subjugué. Je repense entre autres à celui de la Mouette, à ce regard si profond, subjugant, obsédant. Je repense à cette façon qu'elles ont de vous regarder, c'est comme si elles vous absorbaient. Et vous, vous vous noyez sans aucune protestation. Et puis il y a aussi l'autre façon. Le regard est tourné ailleurs, même si il vous fait face, il semble vous traverser. Il cherche un autre horizon. Vous vous rendez compte une fois de plus que vous n'êtes pas grand chose, juste un homme.
Antony And The Johnsons-You´r My Sister
Vidéo envoyée par Ridwan
18:30 Publié dans L'envers du jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : antony&the johnsons, femme, regard
27.08.2006
Ciel sous X
Prendre le train. Le temps est venu de revenir. Revenir à ce que l'on est, à ce que l'on sera. Je regarde le paysage défiler. J'adore ça. Dans ces moments là j'ai l'impression de voir le temps s'écouler matériellement, être dans une capsule hors de tout. Etat de contemplation ultime, je peux enfin capter le mouvement perpétuel du monde.
23:27 Publié dans L'envers du jour | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
25.08.2006
La traversée
Angoisse nue. mon corps frissonne. Silence. Tempête au fond des tripes. Envie de fermer les yeux, dormir un peu. Impossible. Tout endolori après la tempête passée, je n'ose même pas te regarder. Honte. Très. Combattre. Combattre ce monstre qui sommeille. Le faire taire pour de bon. Eviter de te jeter mon verre à la figure la prochaine fois. Envie de dire que ce n'est pas moi. Pourtant si. Ce mec qui a hurlé, c'est bien moi.
Des graines de colère ont germé en moi. Il me faudrait déraciner ces mauvaises herbes. Quand je les penses parties, elles repoussent encore plus vite. Difficile de s'en débarrasser. Mais peut-être que c'est moi la mauvaise herbe ?
Maintenant tu peux comprendre le pourquoi du comment de mon comportement distant, parfois froid et lunatique. Je ne suis pas en sécurité avec moi-même. Alors comment pourrais tu l'être avec moi ? Je tiens à distance le monde pour ne pas dérailler. J'ai peur.
J'aimerais te donner plus. Mais c'est impossible. J'ai un désert à traverser, seul. Les petites étincelles que j'apercevais dans tes yeux ont disparu. Peut-être est-ce mieux ainsi. Les vacances sont finies. Retourne dans ton quotidien, oublie moi. Car moi, je serai reparti dans mon désert.
pj harvey - to bring you my love
Vidéo envoyée par aquarius3
J'avancerai en écoutant Polly Jean me crier ce que j'aimerais pouvoir offrir un jour "ou peut-être une nuit".
"I was born in the desert
I been down for years
Jesus, come closer
I think my time is near
And I've traveled over
Dry earth and floods
Hell and high water to bring you my love
Climbed over mountains
Traveled the sea
Cast down on heaven
Cast down on my knee
I've lain with the devil
Cursed God above
Forsaken heaven to bring you my love
To bring you my love
To bring you my love
To bring you my love..."
10:22 Publié dans L'envers du jour | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : pj harvey, histoire, amour






