08.07.2006
Dehors il fait beau
Dehors il fait beau, mais je suis incapable de sortir. Comme le dit si bien la Belle Roche, je ne suis qu'un ours aigri. Si aigri et bourru que j'ai envoyé baladé Sève d'une manière pas très fine. Je m'en veux. Je l'appelle mais elle ne répond pas.
Je n'arrive pas à concilier mon besoin de solitude et le besoin de voir mes amis. Je n'arrive pas toujours à dire non. Je parviens encore moins à dire "j'ai envie de te voir". Impression d'être dans une impasse.
Dehors il fait beau.
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07.07.2006
Rewind 3 : Revenir au présent
Quelques jours loin de Paris, dans le Tarn, S et V qui fêtent leur union. Autour de nous, la nature resplendissante sous un soleil écrasant, la fête pendant trois jours, insouciance, bonne humeur, bouffe, alcool et la jolie M, belle grande brune timide et distante. Je sentais qu'il suffisait d'un rien pour casser la glace. Un sourire, une parole, qui est-elle ? J'ai hâte d'en savoir plus. Autour le petit groupe s'est montré encore plus soudé, j'ai découvert d'autres personnes supers et puis il y avait A. Elle restera toujours au dessus de tout.
Le retour à Paris fut difficile. Besoins contradictoires de solitude et de la proximité de ses amis,mais où sont-ils ? Disparus. Il faudra se contenter de la solitude, calmer la colère qui gronde. Non je ne suis pas rejeté, non le monde ne m'exclut pas. Pourtant j'en ai l'impression. Alors quand on est rejeté que fait-on ? On rejette à son tour. Pas besoin des autres, d'ailleurs je les emmerde, d'ailleurs qu'est-ce que je fous avec eux ? La Belle Roche m'appelle, je la sens loin de moi. Elle me demande la taille de Simba parce qu'elle aimerait lui acheter une chemise. Mais pour qui me prend elle ? J'évite de l'appeler énervé. Je m'efforce de rester muet jusqu'au bout de cette journée.
Le lendemain, la colère s'est atténuée. Je parle avec Chewie, je sais que je me fais des idées. Il m'encourage à communiquer davantage avant que je n'explose. Mais la douleur est encore présente, un goût amer que je n'arrive pas à effacer. Je me sens si exclu du monde parfois, alors se sentir exclu des gens qu'on aime le plus c'est pire. Ce soir là, c'était le soir du match regardé avec Stef, Seb, Tof et sa copine. Grand soir. Le barman nous arrose avec son mousseux, je suis en première ligne et je me prends tout sur la tête. "On est en finale ! On est en finale ! On est on est on est on est en finaaale !" Les larmes de Thuram me foutent un frisson monstrueux. Paris est complètement retourné.
Mercredi, au bureau, bonne humeur, tout le monde est un peu dans le coltard. On se charrie avec Cat plus que d'habitude. Cat est une nana de la boîte qui bosse sur d'autres projets que les miens. C'est une femme de 33 ans super marrante mais aussi super belle. Elle est représentative de la parisienne décontractée, classe, moderne et travaillant dans le mileu culturel. On parle de nana, et elle me demande si je suis avec quelqu'un. Je lui fais part de mon chaos sentimental. Elle est étonnée, elle ne s'imaginait pas ça. C'est moi qui suis étonné, je ne sais pas ce qu'elle s'imaginait. La discussion se prolonge. Une autre connection s'établit entre nous, les ondes qui passent sont différentes. Nous sommes ailleurs sur une autre dimension que celle des collègues. Nous finissons par nous retrouver dans la salle qui sert de régie et d'archivages. Il n'y a plus de mots. Caresses. Elle embrasse divinement bien, elle défait mon pantalon. Elle me prend dans sa bouche. Oh je perds complètement pied. Elle me suce. C'est si bon, sa bouche est est si douce. Elle boit toute ma sève. Nous finissons par atterrir. "Je vais être en retard pour ma réunion." Oh j'adore cette situation, j'en ai toujours rêvé. De retour à la lumière du bureau, elle se dépêche de prendre ses affaires pour sa réu. La standardiste l'interpelle, "il y a ton mari qui vient d'appeler..." Ah bon ? Elle a un mari ? On se regarde. Aucun mot. Elle file, elle a du boulot.
Jeudi. J'aime la bouche de Cat, la douceur de ses lèvres, ses hanches que j'aime prendre. Nous avons passé le déjeuner dans cette petite pièce sombre, à se dévorer, se découvrir. Elle a un mari, maintenant je sais. Mais je ne me sens pas coupable. C'est étrange, il y a quelques temps, j'aurais été rongé par la culpabilité. Soirée sympa à EMI, téquila, vodka, whisky mes trois super potes étaient là. Discussion avec Myr, je lui parle de Cat et de mes dernières déconvenues. Myr me connait. "Au fond tu es quelqu'un qui a un besoin énorme de stabilité. Tu es perdu, car tu n'as trouvé personne qui pouvait te la procurer." Et je continue d'errer.
Vendredi. 3 sms de Cat reçus dès ce matin. 3 phrases. "J'ai pensé à toi toute cette nuit. Envie folle de te voir. Lundi 19h30 pourrons nous prolonger notre charmante discussion ?" Mieux vaut ne pas répondre tout de suite. Mais oui bien sûr que j'aimerais prolonger cette discussion. Mais pour l'instant trop de boulot, je coupe mon téléphone. Il me faut revenir à la réalité, oublier le supeflu et se plonger dans ce qui est essentiel, dans ce qui me donne envie de vivre. J'ai envie d'adopter toute la rigueur de la discipline de Kant.
Pour finir j'ai lu ça dans "Eloge de la poussière" de Baudoin : " Peut-être qu'on se dit des "je t'aime" comme on tricote...Se faire un pull pour se protéger du froid de la mort ? Peut-être qu'on va voir un match de foot pour oublier qu'on est mortel ?"
J'ai encore moins envie de dire "je t'aime" (à qui de toute façon ?), par contre je ne louperai pas le rendez vous de dimanche.
23:12 Publié dans Rewind | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sexe, football, journal intime, blabla, adultère, Kant
06.07.2006
la résonance du bleu (encore)
15:27 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
La résonance du bleu
Un bref instant oublier, se laisser porter par les chants, les hourras, bleu blanc rouge balancés partout dans les rues. Klaxons, des gens sur les capots des voitures. Tout va bien. Le monde ne tourne plus trop de la même façon. Un clochard endormi près du Go Sport de République, un homme le réveille, "eh tu veux pas une crêpe pour fêter la victoire ?"
Dans la foule, une jeune femme toute excitée s'approche sert la main à chaque passant en leur disant bonjour. Elle est américaine, en vacances ici. Heureuse de pouvoir participer à cette célébration.
Un homme se dandine au milieu de la chaussée pendant que les voitures défilent. Autour de lui, plus rien n'existe sauf ce drapeau qu'il vient de ramasser.
15:06 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.06.2006
Tremblements
Elliot Smith chante
"Your hand on his arm
the hay stack charm around your neck
strung out and thin
calling some friend trying to cash some check
he's acting dumb
that's what you've come to expect
needle in the hay
needle in the hay
needle in the hay
needle in the hay..."
Le rythme imposé par la guitare est saccadé. Les accords sont tout de suite étouffés par l'arrivée d'autres accords qui seront encore noyés par d'autres. Urgence. La voix du chanteur est douce, mais elle aussi ne respire pas. Aucune envolée, il enchaîne les phrases. Il veut dire c'est tout. Urgence, on ne ressent que ça dans cette chanson.
Urgence. Il faut que je fasse mon sac. Demain départ loin de Paris pour quelques jours. J'ai hâte, je n'en peux plus. Trop de choses sur le dos, dans la tête. Impression d'étouffer, de ne plus savoir. Aveuglé, je tatônne, j'avance dans le noir et j'ai peur. Personne ne peut allumer ? S'il vous plaît...
"...But you idiot kid
you don't have a clue
sometimes they just get caught in the eye
you're pulling him through
needle in the hay
needle in the hay
needle in the hay..."
A la question, "que fais tu cet été, ces prochaines semaines ?", j'aurais envie de répondre, pas grand chose, j'attends Godot. Mais attendre n'est pas un luxe que je peux m'accorder. J'entends la sirène d'alarme. Je sais que ces prochaines semaines s'annoncent délicates, je vais devoir décider tout seul de mon avenir, de ce que je veux. Et puis il faut finir ce qui a été commencé. Rien n'est clair. Je suis en train de déverser des phrases, je suis en train de vomir ce que j'ai contenu ces derniers jours. Je suis désolé pour vous, ce n'est pas très sympa de se retrouver face à de la gerbe. Mais je n'y peux rien. Je suis saoulé, ivre de peur et d'envie. Et je ne sais plus. J'en ai marre.
La voix d'Elliot s'emballe, elle accélère encore jusqu'à ne plus avoir peur de souffle, jusqu'à être vidé. Doucement il chante.
"...I can't beat myself
i can't beat myself
and i don't want to talk
i'm taking the cure so i can be quiet
whenever i want
so leave me alone
you ought to be proud that i'm getting good marks
needle in the hay
needle in the hay..."
La douceur de sa voix ne cache pas le cri qui résonne en moi. Ebranlé par tout ça. J'arrête de faire mon sac. Je m'allonge sur mon lit, je ferme les yeux. J'aimerais qu'on me tape, qu'on me secoue, qu'on me dise d'arrêter ce massacre, j'aimerais que cette violence au fond me soit retournée. Inspiration expiration. Mon souffle s'écoule doucement. Du calme.
"...Needle in the hay
needle in the hay..."
21:40 Publié dans L'envers du jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



