24.08.2006

Le dire plus fort

"hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle hurle
et je trouve ça très sympathique "


Lu sur le superbe blog de François Bon, Tiers-Livre (www.tierslivre.net), un texte de Tristan Tzara extrait de l'Anthologie des poèmes de Zeno Bianu (Poesie/Gallimard)

22.08.2006

I wanna dance


OK GO - treadmills (music clip video)
Vidéo envoyée par tamalougbobola


Tout le monde debout !

21.08.2006

Cravate club

Ecrire un blog, c'est aussi en lire. Celui de la petite brune est l'un de mes préférés. L'un de ses  posts m'a fait sursauté car je voulais aussi écrire dessus. Elle parle de la cravate. De cet accessoire, elle dit une chose simple. "Une cravate c'est avant tout un homme." Elle a raison. Je l'ai compris mais assez tardivement.

Plus jeune, on se fixe comme objectif de ne jamais finir entre quatre murs et en trois pièces. Ne pas porter ce qui semble être une tenue de prison. Eviter le formatage, sortir du système. Contre culture, contre le système, contre l'esclavage sociétal, contre, être contre pour être libre. Cette cravate, cette chose me faisait penser à un bout de laisse qui pendouille. Hors de question de se mettre ça autour du cou. "Et puis à quoi ça sert une cravate hein ?"

Voilà une chose réussie, je ne travaille pas en costard et j'en suis bien heureux. Il y a quelques années, j'ai du m'acheter un costume pour un événement. Impossible de prendre les vieilles loques que je mettais pour les baptêmes, mariages et compagnie. Je me souviens encore. Me voilà dans le magasin, devant la glace, en train d'essayer différents costumes, complètement désemparé. Désemparé car je me trouve pas mal en costume. Je proteste légèrement par fidélité à mes convictions. Mais je sais que cette réaction est fausse. Schizophrénie. Comment puis je me trouver bien déguisé ainsi ? Mais je ne me sens pas déguisé, et avec la cravate, je ne suis pas si gêné que ça. Mais qu'est-ce qui se passe ? 

Je sais que ce costume ne me transformait pas. Je suis le même homme avec les mêmes convictions. Quand je me suis vu dans la glace, j'y ai vu mon père, mes oncles, mon grand père. J'y ai vu les hommes. Les hommes que je n'apprécie pas forcément, les hommes à qui je ne veux pas ressembler. 

Le costume et la cravate encore plus sont des symboles purement masculins pour moi. Ils représentent une certaine idée de l'homme que j'ai eu du mal à assumer. La cravate est pour moi un pénis supplémentaire. En avoir un c'est déjà assez compliqué par moment. Mais alors en porter un symbole comme on porte un pins est encore plus dur. Comment. Comment. Oui je dois avouer que pendant longtemps j'avais du mal à assumer cette idée d'être un homme. La plupart des hommes que j'ai connus enfant ont fait beaucoup de mal, sont lâches, superficiels, brutes, rustres, laids et sales. Voilà ma vision des hommes.  

Alors comment être un homme après ça ? Accepter. Il faut accepter, j'ai un pénis, une bite, un zizi, une queue, une teube (si vous avez d'autres appellations, n'hésitez pas à m'en faire part). Et c'est certainement le seul point commun que j'ai avec eux. Et c'est vrai j'aime bien la cravate, j'aime bien par moment porter un beau costume. C'est un choix et une liberté d'être un homme que je n'ai jamais connu. Résultat d'un certain nombre d'années de psychothérapie : porter une cravate, pas mal non ?

20.08.2006

En corps et toujours

Ses hanches. Ses hanches me renversent et je m'accroche à elles, je les serre, je les presse, je pourrais les absorber. Elles m'appartiendraient ou peut-être est-ce moi qui leur appartiendrait. Son dos musclé se cambre, j'aime lire les lignes qui se dessinent, les suivre de mes doigts pendant que je suis en elle. Elle, elle, rien qu'elle. Elle aime ça. "Encore". Ses fesses, sa lune m'éblouit. Caresser, presser, fesser. Elle aime ça. Les gémissements accompagnent. Elle aime parler pendant. Décrire, dire, ordonner. Elle aime être "ma petite salope". "Les mots cochons ça m'excite". Je l'avais remarqué, elle est si bavarde. Non ce n'est pas ça être bavard. Elle est généreuse dans son corps comme dans ses mots. Elle se voue corps et âme au plaisir. Elle se donne tout entière. Elle en demande toujours plus. Son petit cul relevé vers moi, je regarde cette descente qui s'offre à moi. M'enfoncer en elle. L'entendre encore plus, ses gémissements et ses mots. Elle me demande de parler. Alors je parle, je parle tous les mots que mon corps imprime. Mon corps, son corps, encore et encore.

Ce n'est que pour les vacances, elle et moi nous le savons sans nous le dire. "Parce qu'après je ne pourrais plus être partagée". Je le sais et ça ne me dérange pas. Simplement je n'ai pas encore envie de rentrer.

18.08.2006

"Ouvrir la nuit du corps"

Ce qu'un cinéaste peut nous dire :

"Que cherchons-nous à toucher depuis les premières mains négatives imprimant dans la roche la longue déambulation hallucinée des hommes à travers le temps, que cherchons-nous à atteindre aussi fébrilement, avec tant d'obstination et de souffrance, par la représentation, par les images, si ce n'est d'ouvrir la nuit du corps, sa masse opaque, la chair par laquelle on pense, et de déployer à la lumière, face à nous, l'énigme de nos vies."

Propos de Philippe Grandrieux.