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09.05.2008

S'arrêter, et reprendre ailleurs, autrement

Tu es là, devant ta glace. A moitié nu. Tu regardes ton corps. Ce corps qui change, les marques du temps qui s'impriment plus aisément, les muscles prennent forme autrement, les poignées d'amour sont encore plus faciles à saisir, les tablettes de chocolat fondent à vue d'oeil, ton corps s'élargit, on dirait une brique. Tu scrutes chaque détail, les cicatrices, les boutons, les points noirs. Eh oui, c'est comme ça que tu es. Mais tu le sais.

Ce n'est pas ton corps qui a le plus changé.

 

En gage d'amour, je me suis souvent sacrifié pour l'autre, lui prouver à quel point j'étais attaché et dévoué. Cette fois ci, j'ai arrêté. J'ai dit au revoir, adieu au "petit rêve".

En fin de compte,

Impossible, trop douloureux de vivre une histoire à des milliers de kilomètres de l'autre.

Juste faire l'amour avec une chimère,

Imaginer plus que vivre,

"S'illusioner" qu'on vit quelque chose d'incroyable. Alors qu'il n'y a eu que quelques jours inoubliables.

 

Au présent il ne reste que de la souffrance.  

 

Première fois que j'ai dû décider de la déchirure. J'ai pensé à LUI, je me suis demandé combien de fois il avait fait mal de cette façon.Finalement suis je comme lui ?

 

Non. Non non non.

 

Juste écarter les illusions. Juste être honnête

Revenir à la réalité. 

Espérer qu'elle comprendra.


Tu écris ce texte et tu n'es pas content de toi. Insatisfait. Ca fait depuis plus de quinze jours que tu tournes en rond. Tu veux revenir, remettre des mots mais tu as peur. Peur de faire mal, peur de montrer ce que tu vis. Celle que tu appelais "ton petit rêve" pourra lire ces mots si elle veut. Tu ne les as pas vues, tu ne les as pas entendues, mais tu sais que les larmes ont coulé. Tu souhaites juste ne plus en être la source cette fois ci. Alors tu n'oses pas.

Et pourtant tu le dois, si tu veux écrire là dessus, tu dois aller au bout. Sinon écris sur autre chose : Sarkozy, la fameuse loi sur le chômage, le monsieur qui crie sans cesse dans la rue contre les sacs plastiques, ta jolie voisine fan de Cabrel. 

Ne te cache pas. Ce texte ne sera pas beau, il n'aura aucune poésie. Il n'y aura pas de moment de bravoure, de beauté, aucune révélation. Juste des mots, juste les tiens.  Tu veux juste t'excuser, mais tu n'as plus à le faire. Tu veux demander pardon pour l'absence à tes chers lecteurs, mais tu ne dois rien non plus. Tu dois juste écrire ce qui te sort des tripes c'est tout. Crache ce que tu as.

 

Le monde a juste changé au détour d'un sourire.

 

Arrête avec ce genre de phrases, tu n'es pas Trenet. Contente toi d'être ce pauvre mec qui s'agite en caleçon devant son ordinateur, te concernant c'est déjà pas mal.

 

Je suis juste revenu au présent. J'ai écarté les questions inutiles,et je me suis contenté de vivre. Travailler, voir ses amis, sa famille, marcher dans Paris. Ouvrir les yeux, et  apercevoir ce sourire qui n'avait jamais été très loin. Ne pas résister, ne pas avoir peur, juste sauter. La serrer dans mes bras, ne pas penser aux prochains mois, mais juste se dire que demain quand on se verra ce sera bien. Quand je lui ouvrirai la porte, je l'embrasserai tendrement, je l'enlacerai pour sentir son corps tout contre le mien, sentir sa chaleur et se dire qu'on est bien. C'est tout et c'est déjà très bien. 

 

 C'est mieux. 

Ca y est, ta voisine s'y remet. La voix de Cabrel résonne dans toute la cour.

Tu peux t'arrêter là pour l'instant et surtout mettre du son à fond.


(Beirut : Cherbourg )podcast
 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Commentaires

Ah ben bravo !

va falloir que tu m'expliques comment on peur citer Sarkozy dans un texte pareil !

Je vais finir par croire que tu es un militant de l'UMP refoulé !

Heu... j'attends des excuses un peu plus soutenues concernant ton absence sur ce blog, apparemment, le slogan écrire plus pour publier plus ne te concerne pas...

Sinon moi j'aime bien les textes nuls, c'est souvent dans les textes nuls que les gens sont le plus humain, un peu comme mes dessins d'enfants en quelque sorte...

Bon je retourne lire ma bible de PES, interdiction de me marquer un seul but, sauf si c'est contre mon camp.

A bientôt Tobeekapator !

Ecrit par : Barthélémy | 10.05.2008

ce crachas de vos tripes me paraît bien doux.

Ecrit par : presque toujours | 20.05.2008

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