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25.07.2006

L'amour c'est un long sanglot

Il fait beau, les volets sont fermés. E a encore les yeux tout embués, le visage gonflé par la peine. Elle s'est prise une claque m'a t-elle dit. Par sms, son copain lui a déclaré que c'était fini. Elle est perdue, elle ne comprend pas. "Mais c'est pas possible. Pourquoi il dit ça ? Pourquoi ? Pourtant je sais qu'il m'aime, avec tout ce qu'on a vécu, tout ce qu'on s'est dit..." Avec tout ce que vous avez fait, tu en es là. Pauvre E. Tu l'aimes, il ne semble plus t'aimer, mais tu ne veux pas l'entendre. "Avec tout ce que je lui ai donné, je ne comprends pas. Qu'est-ce que j'ai fait de mal ?" Le problème est bien là, il ne s'agit pas de bien et de mal. Il s'agit d'un homme et d'une femme. "Pourtant je me sentais prête cette fois-ci. C'est quoi le problème avec moi ? Pourquoi on ne m'aime pas ?" Il n'y a pas de réponse toute prête à cette question , elle le sait. Incompréhension, impression d'une fatalité, impression de "n'être pas assez bien pour vivre ça", et "pourquoi ça arrive aux autres et pas à moi ?"

Ces questions, ces plaintes, je les entends en écho. Elles résonnent en chacun de nous et pourtant nous nous sentons toujours en tête à tête avec elles.

"J'ai toujours eu l'impression d'avoir choisi la personne, mais jamais d'avoir été choisie par elle. Qui que ce soit. Dans n'importe quelle histoire. C'est toujours moi qui a fait le choix et jamais l'autre. Pourquoi ? Pourquoi on ne me choisit pas ?"

Je la regarde, je fouille dans mes poches et lui tends mon paquet de mouchoir. Mon autre main se pose sur la sienne pour lui dire tout ce qui ne se prononce pas.

18.07.2006

Exister

"Je suis reconnaissant aux gens d'exister et au monde d'être là. En même temps j'ai tellement le sentiment que c'est le monde qui existe et pas moi, que je me donne un mal de chien pour exister dans ce monde."

Serge Daney, extrait de "Persévérance" (P.O.L)

14.07.2006

Ce que tu voulais oublier

Réecouter Mazzy Star, l'album "Among my swan" après toutes ces années, quel bonheur. Ces mélodies si douces où se pose la voix évanescente de Hope Sandoval, sont faites pour nous accompagner en voyage. Je vois les paysages défiler le long des routes, je me souviens de ce trajet en moto effectué avec Mel pour rejoindre Hanoi. C'était un peu Easy Rider au Vietnam en moins folklo vestimentairement parlant. Un sentiment de liberté totale. Oh ce que ça me manque. 

Pour l'instant, beaucoup trop de taf et de choses chiantes à gérer. Cat reste une récréation au milieu de tout ça, j'aime la rareté de nos relations. Entrevues physiques intenses. Dans son regard il n'y a que du jeu, aucune réflexion et question. Pour ça je ne lui dirai jamais assez merci. Cat n'est que langueur, volupté et fièvre. J'ai encore envie Cat, envie de ton corps, envie de me saouler, envie d'overdose de ta peau, du plus profond de toi. J'aime être avec toi, car j'aime l'homme que j'exprime à ton contact. Virilité assumée, à travers toi l'homme crie toute sa bestialité, ses désirs et ses pulsions.

Retour à la réalité, boulot avec E, on parle de Ben qu'elle pensait être homo. Elle se trompe complètement. A bon il paraissait si féminin, ben peut-être mais non. Moi par exemple, on m'a souvent pris pour un homo, ce qui est complètement faux. Oui mais toi c'est particulier, tu as une séduction très féminine mais ça se sent que tu es un mec. Je ne lui ai pas demandé ce qu'elle entendait par séduction féminine. Peut-être dispose t-elle d'une clé essentielle qui me fera comprendre certaines de mes difficultés. 

Café avec Chewie, il me parle de ma relation avec la Belle Roche. Il la trouve inquiétante et anormale. Elle te considère comme un être androgyne, vous niez une réalité essentielle de ce qui fait de nous des hommes. Et puis c'est une bouffeuse d'hommes. Justement moi elle ne me bouffe pas, nous évoluons à un autre niveau elle et moi. Peut-être a t-il raison. Nous nions ce que nous sommes à l'extérieur, nous vivons elle et moi dans une certaine innocence très fragile. Je sens malheureusement qu'il y aura une fin. Car après tout je ne suis pas Peter Pan et j'ai un pénis. Ce jour c'est peut-être ce soir. Alors il faudra dire adieu à cette proximité des corps, cette affection sans ambiguité.

Continuez à écouter Mazzy Star, la belle et ténébreuse Hope Sandoval m'emporte. "And I knew I was close to you and I knew. Catch me fly in the sun..."

Conseil d'homme

Sev vient de m'appeler, elle est au Franprix. Il n'y a pas la mousse à raser qu'elle utilise pour ses jambes. "Tu penses que je peux prendre de la mousse pour homme. Ben oui...enfin pourquoi pas. Et Mennen c'est bien ? Oui je sais pas...Ce n'est pas celle que j'utilise...Mais essaye si tu veux..."

Je ne sais pas si mes conseils furent très utiles.  

10.07.2006

Le lendemain

On se lève avec une gueule de bois. Pourtant ce n'est pas la gueule de bois, pas autant bu que ça la veille, forcément le coeur n'y était pas et la peine ne s'est pas noyée dans l'alcool. Encore un peu sonné, on repense à ces larmes, à ce départ raté, coup de tête malheureux, t'aurais pas pu le lui filer dans les vestiaires ? Et néanmoins il reste cette envie de les applaudir et de les remercier pour ce fabuleux parcours. 

Le café est bien serré. Il te fouette bien le cerveau. Tu iras acheter l'Equipe pour lire leurs commentaires toujours emprunts d'une certaine banalité, tu combineras cette lecture à celle de Libé en espérant y trouver mieux. Et puis quand tu auras fini tu comprendras que le vide et l'incompréhension que tu ressens, rien ne peut les effacer. Toutes les explications de texte sur les insultes de l'italien, toutes les interprétations sur l'orientation du tir de Trezeguet n'enlèveront pas ton désarroi présent depuis la nuit des temps.

Peut-être que "Les Hautes Solitudes" de Garrel qui passent à la Cinémathèque me feront du bien.

08.07.2006

Dehors il fait beau

Dehors il fait beau, mais je suis incapable de sortir. Comme le dit si bien la Belle Roche, je ne suis qu'un ours aigri. Si aigri et bourru que j'ai envoyé baladé Sève d'une manière pas très fine. Je m'en veux. Je l'appelle mais elle ne répond pas.
Je n'arrive pas à concilier mon besoin de solitude et le besoin de voir mes amis. Je n'arrive pas toujours à dire non. Je parviens encore moins à dire "j'ai envie de te voir". Impression d'être dans une impasse.

Dehors il fait beau.

07.07.2006

Rewind 3 : Revenir au présent

Quelques jours loin de Paris, dans le Tarn, S et V qui fêtent leur union. Autour de nous, la nature resplendissante sous un soleil écrasant, la fête pendant trois jours, insouciance, bonne humeur, bouffe, alcool et la jolie M, belle grande brune timide et distante. Je sentais qu'il suffisait d'un rien pour casser la glace. Un sourire, une parole, qui est-elle ? J'ai hâte d'en savoir plus. Autour le petit groupe s'est montré encore plus soudé, j'ai découvert d'autres personnes supers et puis il y avait A. Elle restera toujours au dessus de tout.

Le retour à Paris fut difficile. Besoins contradictoires de solitude et de la proximité de ses amis,mais où sont-ils ? Disparus. Il faudra se contenter de la solitude, calmer la colère qui gronde. Non je ne suis pas rejeté, non le monde ne m'exclut pas. Pourtant j'en ai l'impression. Alors quand on est rejeté que fait-on ? On rejette à son tour. Pas besoin des autres, d'ailleurs je les emmerde, d'ailleurs qu'est-ce que je fous avec eux ? La Belle Roche m'appelle, je la sens loin de moi. Elle me demande la taille de Simba parce qu'elle aimerait lui acheter une chemise. Mais pour qui me prend elle ? J'évite de l'appeler énervé. Je m'efforce de rester muet jusqu'au bout de cette journée.

Le lendemain, la colère s'est atténuée. Je parle avec Chewie, je sais que je me fais des idées. Il m'encourage à communiquer davantage avant que je n'explose. Mais la douleur est encore présente, un goût amer que je n'arrive pas à effacer. Je me sens si exclu du monde parfois, alors se sentir exclu des gens qu'on aime le plus c'est pire. Ce soir là, c'était le soir du match regardé avec Stef, Seb, Tof et sa copine. Grand soir. Le barman nous arrose avec son mousseux, je suis en première ligne et je me prends tout sur la tête. "On est en finale ! On est en finale ! On est on est on est on est en finaaale !" Les larmes de Thuram me foutent un frisson monstrueux. Paris est complètement retourné.

Mercredi, au bureau, bonne humeur, tout le monde est un peu dans le coltard. On se charrie avec Cat plus que d'habitude. Cat est une nana de la boîte qui bosse sur d'autres projets que les miens. C'est une femme de 33 ans super marrante mais aussi super belle. Elle est représentative de la parisienne décontractée, classe, moderne et travaillant dans le mileu culturel. On parle de nana, et elle me demande si je suis avec quelqu'un. Je lui fais part de mon chaos sentimental. Elle est étonnée, elle ne s'imaginait pas ça. C'est moi qui suis étonné, je ne sais pas ce qu'elle s'imaginait. La discussion se prolonge. Une autre connection s'établit entre nous, les ondes qui passent sont différentes. Nous sommes ailleurs sur une autre dimension que celle des collègues. Nous finissons par nous retrouver dans la salle qui sert de régie et d'archivages. Il n'y a plus de mots. Caresses. Elle embrasse divinement bien, elle défait mon pantalon. Elle me prend dans sa bouche. Oh je perds complètement pied. Elle me suce. C'est si bon, sa bouche est est si douce. Elle boit toute ma sève. Nous finissons par atterrir. "Je vais être en retard pour ma réunion." Oh j'adore cette situation, j'en ai toujours rêvé. De retour à la lumière du bureau, elle se dépêche de prendre ses affaires pour sa réu. La standardiste l'interpelle, "il y a ton mari qui vient d'appeler..." Ah bon ? Elle a un mari ? On se regarde. Aucun mot. Elle file, elle a du boulot.

Jeudi. J'aime la bouche de Cat, la douceur de ses lèvres, ses hanches que j'aime prendre. Nous avons passé le déjeuner dans cette petite pièce sombre, à se dévorer, se découvrir. Elle a un mari, maintenant je sais. Mais je ne me sens pas coupable. C'est étrange, il y a quelques temps, j'aurais été rongé par la culpabilité. Soirée sympa à EMI, téquila, vodka, whisky mes trois super potes étaient là. Discussion avec Myr, je lui parle de Cat et de mes dernières déconvenues. Myr me connait. "Au fond tu es quelqu'un qui a un besoin énorme de stabilité. Tu es perdu, car tu n'as trouvé personne qui pouvait te la procurer." Et je continue d'errer.

Vendredi. 3 sms de Cat reçus dès ce matin. 3 phrases. "J'ai pensé à toi toute cette nuit. Envie folle de te voir. Lundi 19h30 pourrons nous prolonger notre charmante discussion ?" Mieux vaut ne pas répondre tout de suite. Mais oui bien sûr que j'aimerais prolonger cette discussion. Mais pour l'instant trop de boulot, je coupe mon téléphone. Il me faut revenir à la réalité, oublier le supeflu et se plonger dans ce qui est essentiel, dans ce qui me donne envie de vivre. J'ai envie d'adopter toute la rigueur de la discipline de Kant.

Pour finir j'ai lu ça dans "Eloge de la poussière" de Baudoin : " Peut-être qu'on se dit des "je t'aime" comme on tricote...Se faire un pull pour se protéger du froid de la mort ? Peut-être qu'on va voir un match de foot pour oublier qu'on est mortel ?"
J'ai encore moins envie de dire "je t'aime" (à qui de toute façon ?), par contre je ne louperai pas le rendez vous de dimanche.

06.07.2006

la résonance du bleu (encore)

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La résonance du bleu

Un bref instant oublier, se laisser porter par les chants, les hourras, bleu blanc rouge balancés partout dans les rues. Klaxons, des gens sur les capots des voitures. Tout va bien. Le monde ne tourne plus trop de la même façon. Un clochard endormi près du Go Sport de République, un homme le réveille, "eh tu veux pas une crêpe pour fêter la victoire ?"
Dans la foule, une jeune femme toute excitée s'approche sert la main à chaque passant en leur disant bonjour. Elle est américaine, en vacances ici. Heureuse de pouvoir participer à cette célébration.
Un homme se dandine au milieu de la chaussée pendant que les voitures défilent. Autour de lui, plus rien n'existe sauf ce drapeau qu'il vient de ramasser.

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