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30.06.2006

Tremblements

Elliot Smith chante

"Your hand on his arm
the hay stack charm around your neck
strung out and thin
calling some friend trying to cash some check
he's acting dumb
that's what you've come to expect
needle in the hay
needle in the hay
needle in the hay
needle in the hay..."

Le rythme imposé par la guitare est saccadé. Les accords sont tout de suite étouffés par l'arrivée d'autres accords qui seront encore noyés par d'autres. Urgence. La voix du chanteur est douce, mais elle aussi ne respire pas. Aucune envolée, il enchaîne les phrases. Il veut dire c'est tout. Urgence, on ne ressent que ça dans cette chanson.

Urgence. Il faut que je fasse mon sac. Demain départ loin de Paris pour quelques jours. J'ai hâte, je n'en peux plus. Trop de choses sur le dos, dans la tête. Impression d'étouffer, de ne plus savoir. Aveuglé, je tatônne, j'avance dans le noir et j'ai peur. Personne ne peut allumer ? S'il vous plaît...

"...But you idiot kid
you don't have a clue
sometimes they just get caught in the eye
you're pulling him through
needle in the hay
needle in the hay
needle in the hay..."

A la question, "que fais tu cet été, ces prochaines semaines ?", j'aurais envie de répondre, pas grand chose, j'attends Godot. Mais attendre n'est pas un luxe que je peux m'accorder. J'entends la sirène d'alarme. Je sais que ces prochaines semaines s'annoncent délicates, je vais devoir décider tout seul de mon avenir, de ce que je veux. Et puis il faut finir ce qui a été commencé. Rien n'est clair. Je suis en train de déverser des phrases, je suis en train de vomir ce que j'ai contenu ces derniers jours. Je suis désolé pour vous, ce n'est pas très sympa de se retrouver face à de la gerbe. Mais je n'y peux rien. Je suis saoulé, ivre de peur et d'envie. Et je ne sais plus. J'en ai marre.

La voix d'Elliot s'emballe, elle accélère encore jusqu'à ne plus avoir peur de souffle, jusqu'à être vidé. Doucement il chante.

"...I can't beat myself
i can't beat myself
and i don't want to talk
i'm taking the cure so i can be quiet
whenever i want
so leave me alone
you ought to be proud that i'm getting good marks
needle in the hay
needle in the hay..."

La douceur de sa voix ne cache pas le cri qui résonne en moi. Ebranlé par tout ça. J'arrête de faire mon sac. Je m'allonge sur mon lit, je ferme les yeux. J'aimerais qu'on me tape, qu'on me secoue, qu'on me dise d'arrêter ce massacre, j'aimerais que cette violence au fond me soit retournée. Inspiration expiration. Mon souffle s'écoule doucement. Du calme.

"...Needle in the hay
needle in the hay..."

Au milieu du bordel

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29.06.2006

You are everywhere

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Definitely...

Trop long

Boulot. Je suis sur le plateau. Il y a beaucoup de monde qui bosse, Mel, Simba, la Belle Roche, E, Vic, C et pleins d'autres. Je suis concentré, on a du retard, il faut speeder. Alors j'essaye de donner des indications justes à l'ensemble de l'équipe. Ils m'écoutent, ils ont du mal à rester intentif. E, Simba ainsi que la Belle Roche tournent leur regard vers le bas. Je m'aperçois que je ne porte qu'un caleçon en bas. Bon c'est pas grave pas le temps de mettre un pantalon il faut finir ce taf. Mais je porte le caleçon blanc, et ce caleçon a un sérieux problème à l'ouverture. Elle baille et peut laisser dépasser le sexe. Donc je m'aperçois que tout le monde a remarqué que le petit oiseau était sorti. Je remballe le tout. Un peu gêné j'essaye de rester concentré et de bosser, mais à chacun de mes gestes, hop Popol sort le petit bout de sa tête. A chaque fois que je le remets à sa place, je sens qu'il s'allonge. Je dis bien il s'allonge il ne durcit pas. Et il s'allonge de plus en plus jusqu'à atteindre des proportions extraordinaires que même Rocco m'envierait. Je me déplace sur le plateau, en même temps qu'un anaconda naissant pendouille à mon bas ventre . Tout le monde me regarde bizarrement. La Belle Roche n'ose plus me regarder. Et moi j'ai abandonné, je ne peux rien faire contre mon sexe et sa longueur démesurée. Ca devient la panique sur le plateau, tout le monde évacue. Je leur demande de ne pas avoir peur. Mais c'est trop tard. Plus personne. Il ne reste que moi et...mon grand moi.

Quel rêve à la con quand même.

Trouver de la vie

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28.06.2006

Plus que ça

Oh la passe ! Oui il la prend. Oui c'est ça il court seul face au but, deux défenseurs derrière lui. A l'entrée de la surface de réparation sur le côté gauche, il repique vers l'axe, efface le défenseur et prend à contre pied le goal. Il tire. Et but !!!!!!!!! But ! Oui but ! Trop fort 3-1 ! On les a matés ! Yes !!!!!!!!

Tout le monde debout, sur les tables et les chaises, on se tape dans les mains. Je crie, gesticule, saute, je ris. Et je dis merci Zizou. Oui comme les 60 millions de français, je t'appelle Zizou, comme si tu étais un pote. Je t'adore. Et tu es là, planté devant le public français, en train de fêter la victoire. Tout le monde se jette sur toi, te remercie, et toi tu restes fixe. Tu restes. Bravo. Ce ne sera pas ton dernier match et en plus tu marques. Tu restes, et ta simple présence face aux gradins rend les espagnols muets, leur "au revoir Zidane" n'existe plus. Tu as bien sûr trop de classe pour dire "au revoir Espana". Ce n'est pas ton genre. Ton genre, c'est le geste juste et cette volonté. Bravo Zizou. Trop vieux, trop fatigué, plus le même, pas assez ceci...Tu les as tous fait taire. Tu leur as montré que tu avais des jambes et une force qui dépasse celle des muscles.

Dans les rues, klaxons, drapeaux accrochés aux voitures. Il y a des gens qui ont le drapeau de leur pays chez eux. Comment l'ont-ils eu ? Comment finit-on par avoir un drapeau chez soi ? Je me demande ça parce que je ne me vois avec aucun drapeau. Même si je suis le supporter d'une équipe nationale, je ne me vois pas brandir le drapeau pour autant. C'est étrange, peut-être parce qu'il y a une mauvaise connotation pour moi, alors qu'il ne devrait pas y en avoir. Peut-être aussi qu'avoir un drapeau, c'est un signe d'appartenance primaire à un pays qui ne me convient pas. Je me sens plus que français.

Sinon la vie serait trop simple.

27.06.2006

Fatalement...

C'est un magasin de vêtements comme tant d'autres. Ce genre de magasins qui se veut moderne, branché, cool, élégant. Les murs et le sol sont blancs. Les enceintes diffusent un mélange de house pure soupe qui nous transporterait au Métropolis, et de la pop mtvesque.
Le lieu est grand, mais il y a très peu de rayonnages. C'est normal, ici on n'est pas chez Tati. Peu de produits mais les meilleurs. Peu de clients aussi, mais il ne reste que les meilleurs ou en tout cas ceux qui sont prêts à consommer. Pas beaucoup de vendeurs non plus. Réduction de personnel certainement. C'est normal, il y a toujours que trois clients par heure et en période de forte affluence disons sept.

Les vêtements sont tous bien alignés, pliés, nickel. Elle est là au milieu des rayonnages. Elle vient de finir de plier quelques chemises. Et elle regarde autour d'elle, se demandant ce qu'elle pourrait bien faire le restant de la journée de huit heures. Je m'approche d'elle, "auriez vous cette chemise en S ?" Elle semble surprise, je viens de l'arracher à son songe. Je me souviens que moi aussi j'ai fais ce genre de petit boulot, tu restes debout huit heures, à guetter la moindre petite chose à faire, le client qui cherche un renseignement est presque une distraction, une respiration pendant ce long calvaire. Alors il faut savoir faire abstraction de tout ce vide, plonger en soi pour se dire qu'à l'intérieur ça vit, que tout ce qui apparaît comme la réalité disparaîtra un jour, alors courage plus que six heures, cinq heures, pause déjeuner, quatre heures...Donc c'est normal de rêver. Elle me regarde toute étonnée, elle rougit. D'un coup c'est flagrant, je m'aperçois qu'elle a de beaux cheveux roux, de grands yeux noirs légèrement ronds, des traits fins. Elle st habillée toute en noir et ça fait ressentir son teint de porcelaine. Elle me fait penser à Belleanna quand je l'ai vue la première fois.

Elle ne peut pas me renseigner, elle est toute perdue. Ca doit être son premier jour. Elle cherche un autre vendeur, elle traverse la grande pièce, tout en guettant la présence d'un collègue. Je reste à ma place, je la vois s'éloigner.
Et je sais comment tout se passera, elle reviendra avec ma chemise et la réponse à ma question. Je la remercierai, je regarderai d'autres produits en l'admirant de loin, imaginant sa vie, son nom, les courbes de son corps. Et puis il n'y aurait plus rien à voir. Je m'en irai, en lui disant au revoir tout poliment. Elle me répondra. Par la suite, elle pourra devenir une projection, un symbole dans mes rêves. Un symbole de cette impuissance, de cette frustration.

Elle revient avec ma chemise."Non nous ne faisons pas ce produit dans cette taille. D'accord très bien...Merci..."

26.06.2006

Aveugle et muet

6h22

Ca fait depuis 5h12 que j'essaye d'écrire.
Je ne sais plus dormir.

Impossible de fermer les yeux. Je pense à toi.

Idée que tu aurais pu disparaître. Envolée.
Sans rien. Sans ces mots crucifiés, éteints par la crainte.
Tu n'aurais jamais su.
Tu parles de "ces connards aveugles".
Je suis plus que ça, je suis un connard aveugle et muet.

Pardon.

23.06.2006

De toute façon nous sommes nulle part

Dans le métro avec Chewie, il me parle de son pote C.M, Catho Man. Ce dernier est avec une fille depuis un an, ils vont bientôt se fiancer. Je me souviens que Catho Man me disait qu'à chaque nouvelle relation , il avait toujours pour but le mariage. Ca m'avait complètement soufflé. Dans mon cas, c'est la première nuit que je vise, après c'est bonus. Mais Catho Man et moi ne venons pas du même monde. Chewie l'a encore confirmé."Elle a 20 ans, mais elle est habillée comme une femme de 50 ans. En plus ils n'ont pas encore couché ensemble t'imagines ? Un an sans l'avoir fait, donc sans avoir tout partagé et se connaître. C.M va à sa perte." Un an sans le faire, j'imagine le calvaire du mec. En plus ce n'est pas le genre de gars à voir ailleurs. Je commence même à comprendre sa motivation pour vite se marier. C'est quand même impressionnant de savoir qu'à nôtre époque une jeune femme de 20 ans peut se réserver pour le mariage. On peut encore vivre au 19ème siècle. Et Chewie renchérit, "cette fille est gentille, mais franchement elle ne dégage rien, complètement aseptisée. On dirait ma grand mère. Elle est loin de transpirer le sexe." La nuit de noces aura au moins tout son sens pour ce couple, et puis si ça se trouve cette nana va se révéler être "une grosse cochonne", si ce n'est plus.

La Belle Roche a appelé. Elle a trouvé un nouvel appart. Il est sur le même palier que l'actuel."Et puis je voulais te dire qu'il y aura une clé pour toi. Ah bon ? Oui, les autres je les accueille, mais toi tu seras chez toi. Tu viendras quand tu veux. Oh...C'est...C'est gentil...Je ne sais pas quoi dire...Je suis presque touché, euh non en fait je suis touché tout court." La Belle Roche se marre. Ca semble tellement simple et normal pour elle. je suis troublé par cette déclaration d'amitié totale. Pas de réserve, aucune ambiguité, il n'y a que du partage et une grande confiance. J'ai envie de la serrer dans mes bras, de la remercier pour tout ce qu'elle m'apporte. D'ailleurs je rêve beaucoup d'elle. Ce qui est inédit depuis quelques temps, c'est l'issue de ces songes. Ca finit toujours en une relation torride et sauvage. Je connais la Belle Roche depuis 4 ans et je n'avais jamais rêvé d'elle de cette façon. Je lui ai dis. Elle l'a pris encore pour une provocation de ma part, et ne voulait surtout pas avoir de détails. Dommage parce que là j'aurais été très provocant.

Sur le net, des jeunes japonaises nues encerclent un homme nu lui aussi, allongé. Elles sont accroupies, la plupart d'entre elles sont munies de gode ceinture, elles le pénètrent. Elles se marrent, elles lui crachent dessus, tout en le masturbant. Le mec ne réagit pas. Les filles se succèdent devant l'orifice de cet homme, quasi inerte. Elles sont hyper gaies, impression qu'elles jouent à un jeu de société. Domination, humiliation, le mec bande donc excitation. Rires des jeunes femmes. Elles fixent le sexe dressé qu'elles caressent activement de la main. Elles sont impatientes. Elles ont le pouvoir de l'amener à ce qu'elles veulent. Les mains glissent. Elles ricanent et trépignent. Il éjacule, grand éclat de rire et de foutre. Ca y est c'est fini. Le mec reste à sa place. Et les filles vont certainement aller au goûter.

Ginette la Mouette devait atterrir à Paris lundi. Aucune nouvelle d'elle. Je n'y ai pas trop pensé, à part aujourd'hui parce que Tof m'a demandé où nous en étions dans notre relation. Nous en sommes nulle part. Elle est là. Elle n'est pas là. Il n'y a pas de différence. Elle ne fait pas partie de ma vie malgré toute ma volonté. Je ne rêve même plus d'elle.

19.06.2006

Pourquoi Patrick ?

Dans mon rêve, je lis une interview dans Elle de Patrick Bruel qui parle de sa nouvelle vie, de son bonheur avec sa femme et son enfant. Il ne voit plus la vie comme avant. Ce qui est étrange, c'est qu'il mélange l'anglais et le français encore moins correctement que Van Damme, par exemple, il parle de son inquiétude pour l'avenir de son fils, et aussi de sa futur scolarité en Suisse, "if you are qualif en internat suisse, it's si good et important for your avenir". Dans le rêve, je suis complètement happé par ses paroles, par sa terrible lucidité, il sait qu'à un moment, il laissera son fils à sa vie et ça l'angoisse terriblement (le tout en français-anglais).

Qu'est-ce qui se passe dans ce putain d'inconscient ?

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